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Le Baroque pyrénéen

LE BAROQUE PYRENEEN, ET LES FERRERE D’ASTE

 
Il faut franchir le seuil des églises de nos villages, d’architecture parfois austère : le visiteur y découvrira bien souvent un très riche patrimoine mobilier, doré et polychrome, qui contraste fortement avec la pierre et l’ardoise .
 
Le village d’Asté a été pendant un siècle et demie le principal centre artistique du Baroque dans les Pyrénées occidentales et centrales. En effet, la dynastie des Ferrère y eut son atelier, 
de 1647 jusque vers 1800. Ces quatre sculpteurs furent les plus connus en leur temps dans la région, et nous ont laissé de nombreuses œuvres dans les églises des Hautes-Pyrénées, mais aussi dans les départements voisins. 
Plusieurs autres sculpteurs ont travaillé pendant cette riche période, locaux ( les Soustre à Asté, les Claverie à Lourdes, les Dartigacave à Lescar, Brunelo à Tarbes) ou originaires 
d’autres régions ( les Toulousains Marc Arcis à la cathédrale de Tarbes et Pierre Affre à Garaison…) . Ensemble, ils ont laissé un très riche patrimoine mobilier, dans plus de 150 
églises des Hautes –Pyrénées, dont 17 dans le territoire de la Communauté de Communes de Haute Bigorre. Dans les maisons bigourdanes, de nombreuses portes, cheminées, têtes de
rampe sculptées prolongent cet art chez les particuliers.
 
L’association « Connaissance des Ferrère et du Baroque Pyrénéen », créée en 1995, s’est donné comme but de faire connaître et mettre en valeur ce patrimoine ; elle anime à Asté
un espace d’exposition, dans un bâtiment aménagé par la Mairie, (en face de l’église) , qui donne toute l’information nécessaire pour découvrir cette richesse de nos vallées. Son action 
est maintenant portée par la Communauté de Communes de Haute Bigorre et soutenue par le Département des Hautes-Pyrénées. 
L’association travaille également à la connaissance de ce patrimoine dans tous les territoires pyrénéens, du côté français, du Pays Basque au Roussillon, mais aussi du côté espagnol, 
de Catalogne à l’Aragon, à la Navarre et au Pays Basque ; chaque territoire baroque a son caractère propre et ses sculpteurs.
 

LA MAISON DES FERRERE ET DU BAROQUE PYRENEEN A ASTE :

Bien qu'éloignée  des grands  centres  culturels  et artistiques, la Bigorre  participe  au renouveau  de l'art  religieux.  Au XVIIème  et XVIIIème siècles,  l'art  baroque s'impose  dans les
édifices  cultuels  d'autant  plus  facilement  qu'après  les  guerres  de  religion,  particulièrement destructrices dans notre région proche du Béarn calviniste, tout est à reconstruire.
 
Certaines  zones  comme  Bagnères­de­Bigorre  et  le  Haut­Adour  sont  épargnées.  L'Eglise  aura cependant à cœur d'y renouveler le mobilier pour le mettre en accord avec les directives du concile.
Dans ce contexte, une famille de sculpteurs, installée à  Asté va s'illustrer par sa virtuosité et  la  connaissance  de  cet  art  parti  de Rome  qui  va  envahir  progressivement  toute l'Europe.  En France, l'art baroque d'abord tempéré de ce classicisme versaillais cher à Louis XIV, s'épanouira sous le règne de LouisXV dans ce qu'il est convenu d'appeler le rococo ou  « style Pompadour ».
 
C'est à Asté, ravissant village pyrénéen, proche de Bagnères­de­Bigorre, que s'installe Jean  I  Ferrère,  le  fondateur  de  la  «  dynastie  »  qui  va  réaliser  une  grande  partie  des  ouvrages baroques de la Bigorre. L'atelier, fondé en 1647, va très vite prospérer pour atteindre son apogée au XVIIIème siècle. Le village devient un foyer artistique important dont le rayonnement dépasse les frontières  du  département.  Menuisiers, sculpteurs,  doreurs s'adonnent  à  leur  art  dans  l'orbite  de l'atelier  Ferrère.
 
Jean I introduit en Bigorre un modèle qui avait cours partout en France et dont il avait probablement connaissance par des recueils de gravure ou par le foyer toulousain. C’est celui de la
façade  portique  d’inspiration  baroque,  retable  architecturé  à  un  seul  étage  sur  un  double soubassement,  complété  par  un  attique  très  développé.  Modèle  qu’il  va  retranscrire  dans  les tabernacles qui vont prendre la forme de retables en miniature. Jean Ier travaille en Bigorre mais aussi dans son Comminges natal. Il subsiste quelques retables intacts à Vielle­ Adour, Grailhen où Son fils, Marc (vers 1674­1758) reprend l’atelier à partir de 1706. Il fait son apprentissage à Toulouse auprès du sculpteur François Thierry. Comme son père, il utilise le retable à trois volets mais il leur donne plus d’animation en incurvant les panneaux latéraux, en décrochant fortement les colonnes centrales et en cintrant l’entablement pour surhausser le tableau ou le relief central. Il semble bien connaître les ornemanistes parisiens de la fin du règne de Louis XIV et de la Régence.
Il  introduit  une  élégance  et  une  légèreté  nouvelles  en rupture  avec  la surcharge  décorative  des œuvres du XVII° siècle. Sa statuaire  est d’excellente qualité. Il introduit un nouveau modèle de tabernacle :  un  coffret  isolé  entouré  d’une  enveloppe  en  hémicycle. Les  plus  beaux retables  de Marc se trouvent à Beaudéan, Gerde et Campan.
 
Jean II (1718­1795), fils et successeur de Marc, est celui dont on peut le mieux suivre la  carrière grâce au Livre de Raison qu’il a laissé. Il reprend les principes des retables de son père
mais assure une transition vers un art plus classique : à Auriébat, il emploie pour la première fois des colonnes lisses. A la cathédrale de Tarbes, il exécute son premier décor de marbre. Il introduit des motifs rocaille dans les cartouches, les encadrements de marbre, les décors sculptés des chaires et  des  confessionnaux.  Ses  tabernacles  évoluent  vers  un  style  de coffret  vertical  très  sobre généralement encadré de deux anges orants. Retables d’Auriébat, Antist, Asté …
 
Dominique (1723­1808), fils cadet de Marc, est le dernier sculpteur de la famille. Avant son  installation  à Tarbes  en 1755,  on sait qu’il  a traité  avec le facteur  Lépine  pour le buffet
d’orgues de Lodève. Il introduit un type de retable nouveau associé à un baldaquin (ex : Séméac) qui  connaît  un  grand  succès.  L’espace  ainsi  ouvert    laisse  place  à  une Assomption.  Il  réalise également des baldaquins isolés (Andrest) formant hémicycle autour de l’autel. Dans les retables plats,  il  couvre  les surfaces  de  panneaux  rectangulaires  en faux  marbre  de  couleur  (Camales).
L’agencement est sévère : rigidité des lignes, décor réduit. Aux extrémités, les palmes remplacent les ailerons. Pour les tabernacles, il inaugure deux nouveaux modèles :
 
  • le premier est un coffre assez haut, surmonté d’une table d’exposition encadrée par les symboles des Evangélistes et inscrit dans un hémicycle sur lequel s’agitent des angelots.
  • le second qui prend aussi la forme d’un coffre vertical, est cantonné de deux larges volutes qui portent chacune un ange adorateur  à la hauteur de la table d’exposition.
 
La Maison des Ferrère et du Baroque pyrénéen, située à Asté, face à l'église, propose une  exposition  permanente  qui  permet  de  découvrir  la  richesse  exceptionnelle  du  patrimoine baroque bigourdan. Elle est en même temps un point de départ pour des visites d'églises.
 
Heures d'ouverture :
  • Du 1er juin au 14 juillet et du 15 août au 30 sept. : mercredi et dimanche après­midi.
  • Du 14 juillet au 15 août : mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche après­midi.
 
Toute  l'année,  possibilité  de  visites  (Maison  des  Ferrère  +  églises)  pour  des  groupes, sur rendez­vous.
 
Tél : 05 62 91 68 96

Réalisation : Alliance Réseaux