Accueil Version été Accès accueil Nature & Découvertes Courtaous, Kézako ?

Courtaous, Kézako ?

Quand vous remontez aux sources de l'Adour un paysage montagnard à partir de Bagnères s'offre à vos yeux. Cette nature, façonnée par le pastoralisme depuis plusieurs siècles nous charma à travers ses villages, ses troupeaux, ses près, ses fermes traditionnelles, ses haies et ses ruisseaux.
Mais une des plus belles particularités se trouve en altitude loin des « Ostaus » (habitation à l'année) et des « bordes » (grange)
C'est sur les lieux d'estive (pâturage d'été et Estui en gascon) lorsque l'on randonne que l'on peut découvrir les Courtaous (terme francisé) ou (Cortau en Gascon)
Des crêtes sommitales (Hount Blanque) aux vallées (Esclozes, Artigussy) s'étage une trentaine de villages de vachers et bergers qui exploitaient l'herbe grasse durant la belle saison permettant d'avoir des troupeaux plus grands. Ils gardaient les terres plates des fonds de vallée pour l'agriculture ou les réserves en foin nécessaires durant l'hiver.

Les vachers qui produisaient un beurre très réputé ainsi que les bergers transhumaient de Courtaous en Courtaous selon la saison, la pousse de l'herbe et les réglementations communales.
Mais de juin à novembre, l'occupation des montagnes était toujours très importante. En témoigne toute cette architecture qu'ont réalisé nos ancêtres qui géraient au mieux les ressources naturelles :
- l'herbe pour les troupeaux, l'eau pour les leytes (frigo)
- les éboulis de pierres pour les constructions et les arbres en forme de crosse
- des cabanes, des étables et des parcs
 l'eau comme ressource mais aussi comme énergie dans les leytes (frigo ou puits à glace)
 les arbustes comme combustible pour se chauffer ou réchauffer la garbure

Ces hommes, souvent des cadets, faisaient 2 à 3 fois par semaine le ravitaillement en vallée et lorsque l'hydro électricité est arrivée, en 1930, ou que la politique agricole européenne a changé les données bon nombre de ces bergers devinrent ouvriers et commença la désertification.

Aujourd'hui, moins d'une dizaine de bergers restent aux estives sur les 600 que l'on comptait au siècle dernier mais l'on imagine quelque peu la vie, l’activité et les fêtes à travers ce patrimoine architectural qu'ils nous ont légué.

Grand merci entre autre à George Buissan qui nous a permis d'en savoir plus encore à travers ses livres (des Cabanes et des Hommes), Henri Fédacou qui peuvent être des invitations à des randonnées patrimoine.
 

Réalisation : Alliance Réseaux